Appelez votre gouvernement à ratifier la C190 de l’OIT pour mettre un terme à la violence sexiste et au harcèlement dans le monde du travail.


Les syndicats et les organisations de la société civile du Maroc, de Tunisie, d’Égypte, de Jordanie, de la Palestine, du Kuwait, du Liban, d’Irak, du Yemen et du Bahreïn qui composent la Coalition pour les droits et la dignité des femmes s’unissent à l’occasion des réunions de la Commission de la condition de la femme de l’ONU et du Forum de l’égalité des générations qui se tiendra au Mexique pour exiger des gouvernements qu’ils ratifient et mettent en œuvre la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail, en tant que norme de travail mondiale contraignante et historique adoptée en juin 2019 pour éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail, y compris la violence et le harcèlement fondés sur le genre.

La Convention 190 a marqué l’histoire en étant le premier traité international à reconnaître le droit fondamental à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, et en particulier le droit d’être exempt de la violence et du harcèlement fondés sur le genre. Ce droit est à nouveau menacé par les impacts économiques et sociaux de la pandémie de la COVID-19.

Alors que les gouvernements se réunissent à la fin du mois au Mexique dans le cadre du forum "Génération Égalité" pour discuter de la manière de réaliser des progrès immédiats et irréversibles en matière d’égalité des sexes, il n’a jamais été aussi urgent d’adopter des mesures globales qui tiennent compte de l’impact de la violence et du harcèlement fondés sur le genre dans le monde du travail sur les droits des femmes et des autres travailleurs marginalisés. Il s’agit notamment d’aborder le rôle des gouvernements pour garantir des environnements de travail sûrs et respectueux pour tous les travailleurs et de prendre des mesures pour atténuer l’impact de la violence domestique dans le monde du travail.

En tout état de cause, la ratification et la mise en œuvre adéquate de la C190 et de la recommandation R206 seraient urgentes afin de lutter contre l’épidémie de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, et en particulier contre la prévalence de la violence et du harcèlement fondés sur le genre. La pandémie de la COVID-19 a cependant apporté une nouvelle urgence. On constate une augmentation spectaculaire de la violence et du harcèlement, y compris ceux fondés sur le genre, à l’encontre de travailleurs considérés comme "essentiels", tels que les travailleurs de la santé et des soins, les détaillants en alimentation et les travailleurs dans le secteur du transport. Les travailleuses migrantes ont été victimes d’une exploitation accrue, y compris de violence et de harcèlement fondés sur le genre, car elles sont contraintes de rester dans les maisons où elles travaillent à cause de la pandémie ou parce qu’elles sont piégées dans des conditions dangereuses, sans pouvoir rentrer chez elles. En outre, on a constaté une augmentation alarmante des cas de violence domestique dans le monde entier en raison de l’effet des mesures de confinement. La Convention C190 et Recommandation R206 définissent des mesures claires que les gouvernements et les partenaires sociaux peuvent prendre pour atténuer les effets de la violence domestique, y compris lorsque le domicile est le lieu de travail. Comme le suggère l’article 18 de la Recommandation 206, ces mesures pourraient comprendre :

(a) un congé pour les victimes de violence domestique ;
(b) des modalités de travail flexibles et une protection pour les victimes de violence domestique ;
(c) une protection temporaire des victimes de violence domestique contre le licenciement […] ;
(d) la prise en compte de la violence domestique dans l’évaluation des risques sur le lieu de travail ;
(e) un système d’orientation vers les dispositifs publics visant à atténuer la violence domestique, lorsque ces dispositifs existent, et
(f) la sensibilisation aux effets de la violence domestique. »

Lors du Forum Génération Égalité qui se tiendra en France du 30 juin au 2 juillet, les gouvernements seront invités à s’engager à ratifier la Convention n° 190 de l’OIT. Rejoignez-nous et appelez votre gouvernement à ratifier la C190 de l’OIT pour mettre un terme à la violence sexiste et au harcèlement dans le monde du travail.

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Signatures: 751 / 1.000