Pour la démocratie au travail, nous exigeons le droit de grève !

L’année 2024 sera capitale pour la démocratie : quatre milliards de personnes se rendront aux urnes dans plus de 60 pays. Et dans les pays où il n’y a pas d’élections cette année, les travailleurs et les travailleuses continuent de se battre pour la démocratie au travail, dans les sociétés et dans les institutions mondiales.

C’est pourquoi le mouvement syndical mondial fait campagne Pour la démocratie. Nous sommes convaincus que, sans démocratie sur le lieu de travail, nous ne pouvons pas gagner la lutte pour des sociétés démocratiques. Que leur gouvernement organise des élections ou non, des millions de travailleurs sont confrontés chaque jour à des mini-dictatures au travail. Droit de s’exprimer librement au travail ? Pas autorisé. Droit de constituer un syndicat ? Bafoué. Droit de négocier collectivement ? Refusé.

L’outil le plus puissant à la disposition des travailleurs pour obtenir ces libertés est le droit de grève et le droit de retrait. Les grèves ont joué un rôle déterminant pour bâtir les sociétés, faire progresser la démocratie et rendre justice aux travailleurs, partout dans le monde. Il s’agit en soi d’un droit fondamental, qui est éhontément violé par les employeurs, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.

Depuis près de dix ans, le droit de grève se trouve dans une impasse à l’Organisation internationale du travail (OIT) entre les syndicats et les représentants des travailleurs, d’une part, et les représentants des employeurs, d’autre part. L’année dernière, le Conseil d’administration de l’OIT a pris une décision historique en décidant de saisir la Cour internationale de justice (CIJ) au sujet du droit de grève.

Alors que la CIJ examine la question du droit de grève, il est temps de demander à votre gouvernement de se ranger du côté des travailleurs et de soutenir la position des syndicats à la CIJ !


À l’attention des délégations gouvernementales à la Conférence internationale du Travail

Ce mois-ci, partout dans le monde, les travailleurs et les syndicats se battent Pour la démocratie au travail. Quelles que soient les libertés politiques qui existent dans nos pays, des millions de travailleurs et de travailleuses sont confrontés chaque jour à des mini-dictatures au travail. Notre droit de nous exprimer librement au travail ? Pas autorisé. Notre droit de constituer un syndicat ? Bafoué. Notre droit de négocier collectivement ? Refusé. Mais le plus insidieux peut-être est que nous soyons privés de l’outil le plus puissant dont nous disposons en tant que travailleurs et travailleuses pour défendre et faire progresser ces droits : notre droit de grève.

Depuis plus de dix ans, le droit de grève se trouve dans une impasse à l’Organisation internationale du travail (OIT), alors que la jurisprudence qui prévaut à l’OIT considère que le droit de grève fait partie intégrante des conventions internationales n° 87 (liberté syndicale) et n° 98 (droit d’organisation et de négociation collective).

En novembre 2023, le Conseil d’administration de l’OIT a finalement décidé de saisir la Cour internationale de justice.

Alors que vous venez à Genève pour la Conférence internationale du Travail, nous vous adressons cette pétition pour vous rappeler, et rappeler à la délégation qui représente notre pays, que la véritable démocratie passe par la démocratie au travail, et que la démocratie au travail passe par le droit de grève. Nous vous demandons, en tant que représentants de notre pays, d’utiliser votre pouvoir pour agir, faire valoir et défendre la position des syndicats et du groupe des travailleurs, et soutenir notre droit de grève !


Signatures: 1.506 / 2.000